Sous-thème 1.2. : Démocraties fragilisées et expériences totalitaires dans l'Europe de l'entre-deux-guerres

Démocraties fragilisées et expériences totalitaires dans l'Europe de l'entre-deux-guerres

                

                 A partir d'études de documents, pourquoi et comment les difficultés économiques et politiques en Europe à la suite de la Première Guerre mondiale favorisent-elles l'arrivée au pouvoir de dictatures et fragilisent les démocraties européennes et la paix dans le monde ?


          Dans un contexte de difficultés économiques et politiques, plusieurs régimes totalitaires apparaissent en Europe à la suite de la Première Guerre mondiale : le stalinisme dans l'URSS communiste sous Staline, le fascisme en Italie sous Mussolini et le nazisme en Allemagne sous Hitler. Les démocraties sont fragilisées par la crise économique.


I. La mise en place des régimes totalitaires

En Allemagne, le nouveau régime créé après la Première Guerre mondiale est très fragile. Le parti nazi apparaît en 1920. Le traité de Versailles est perçu comme un « Diktat » imposé à l'Allemagne.

Dans le contexte de crise économique, les nazis remportent les élections législatives en novembre 1932. Hitler, au pouvoir de 1933 de 1945, est nommé chancelier en janvier 1933. Il prend tous les pouvoirs et supprime les libertés individuelles. En 1935, il met en place les lois de Nuremberg. L'Allemagne devient une dictature totalitaire, raciste, antisémite et expansionniste.

En URSS, à la mort de Lénine en 1924, Staline prend le pouvoir et élimine ses rivaux. Il transforme l'économie dans les années 1930 : collectivisation des terres qui deviennent des kolkhozes en 1929, nationalisation, plans quinquennaux. Il met en place une dictature totalitaire et supprime les libertés. Les koulaks s'opposent à cette collectivisation.


II. Des sociétés fortement embrigadées et très contrôlées

En Allemagne nazie et en URSS, tous les moyens d'information sont contrôlés par l'État. La propagande développe le culte de la personnalité, autour de la figure du chef. Dès leur plus jeune âge, les enfants sont embrigadés dans des organisations de jeunesse : les komsomols en Russie et les jeunesses hitlériennes en Allemagne. Au travail, les adultes aussi sont embrigadés dans le syndicat du parti unique.

Toute opposition au parti unique est interdite. Les opposants sont traqués par une police politique et envoyés dans des camps : les camps du Goulag en URSS et les camps de concentration en Allemagne. Beaucoup d'opposants sont assassinés.


III. La faible résistance des démocraties

Le Royaume-Uni et la France font face à la montée des partis d'extrême droite. La crise économique des années 1930 fait augmenter le chômage. L'impuissance des gouvernements et leur instabilité provoquent une montée de l'antiparlementarisme. En France, les partis de gauche s'unissent en 1935 face aux ligues d'extrême droite : c'est le Front populaire.

Le Front populaire remporte les élections de 1936. De grandes lois sociales donnent de nouveaux droits aux ouvriers (semaine de 40 h, congés payés, création des délégués ouvriers dans les usines, convention collective/contrat collectif). Les accords de Matignon établissent un dialogue entre les syndicats et le patronat. La crise économique et les divisions provoquent la démission de Léon Blum en juin 1937.

La peur d'un nouveau conflit empêche les démocraties de s'opposer aux coups de force d'Hitler : par les accords de Munich (1938), le gouvernement français accepte l'annexion des Sudètes et le démantèlement de la Tchécoslovaquie, pourtant alliée de la France…

En définitive, les soviétiques et nazis exploitent les difficultés économiques et/ou politiques de leur pays pour arriver au pouvoir. Les démocraties et la SDN font preuve d'impuissance et ne réagissent pas face aux annexions, au renversement politique ou au démantèlement. La marche vers la guerre est ainsi enclenchée !

stalinisme : idéologie totalitaire élaborée par Staline qui vise à transformer la société (suppression des classes sociales) et l'économie (communisme).

fascisme : p. 50

nazisme : idéologie raciste, antisémite, agressive et totalitaire élaborée par Hitler.

parti nazi (ou le NSDAP) : parti national-socialiste des travailleurs allemands (parti nazi).

Diktat : voir la leçon H1.

lois de Nuremberg : lois qui installent une discrimination raciale en Allemagne en privant les Juifs allemands de leurs droits civiques (perte du statut de citoyen, interdiction de mariage et de relations sexuelles entre Juifs et Allemands).

dictature : p. 50

antisémite : p. 60

collectivisation des terres : mise en commun des terres agricoles.

kolkhoze : exploitation agricole collective, cultivée par un groupe de paysans avec des outils mis en commun.

koulak : paysan aisé. Par extension, paysan opposé à la collectivisation.

propagande : ensemble de techniques et d'actions systématiques exercé sur l'opinion pour lui faire accepter certaines idées politiques ou croyances sociales.

culte de la personnalité : p. 58

embrigadement : contrôle de la pensée et des opinions, par la propagande et l'éducation.

parti unique : seul parti politique autorisé dans un régime totalitaire. Il contrôle étroitement l'État.

camp de concentration : p.64 / camp du Goulag : p. 54

antiparlementarisme : opposition au régime parlementaire, accusé de favoriser l'instabilité gouvernementale et la corruption.

Front populaire : alliance électorale des grands partis de gauche en France entre 1935 et 1938 (parti communiste, SFIO et parti radical).

Lois sociales : trois lois qui instaurent les conventions collectives, deux semaines de congé payé et la semaine de 40 heures sans réduction de salaire, en juin 1936

contrat collectif : p. 68

Accords de Matignon : signés en juin 1936, ces accords prévoient d'importantes réformes sociales (congés payés, 40h de travail par semaine et convention collective)

démocratie : régime politique dans lequel le pouvoir appartient au peuple.